paul-césar Tahiti

Après l’Australie, retour en Polynésie pour participer à deux compétitions pro junior du circuit mondial. Les australiens débarquent en force.

Tuamotu

L’archipel des Tuamotu situé à 350 km au Nord-Est de Tahiti est organisé en un chapelet d’îlots (240 « motu ») qui se referme dans un immense lagon constituant ainsi le deuxième plus grand atoll au monde. La vague de Rangiroa est en fait une belle droite qui crépite sur la passe d’Avatoru au nord de l’Atoll. Mes planches manquent à l’appel et sont restées à quai en Nouvelle-Zélande. Patience.

Lohina, bien en chair et tout sourire nous accueille dans sa grande maison entourée de bungalows occupés par une poignée d’australien peu loquaces et pas cocasses. Une bonne adresse à proximité des spots. Sashimi riz en discours de bienvenu. Parfait pour résister à cette chaleur étouffante. Sommeil de plomb. Réveil 7h.

Le cadre est planté. Les locaux engoncés dans leur fauteuil ont déjà ouverts les festivités à la bière. Michel Sardou et Johny Halliday s’invitent à leur table. Les éclats de rire donnent le tempo. Pas de doute la vague est dangereuse. Inquiets, les australiens se grattent le cuir pour savoir comment accéder au spot sans se faire découper les orteils sur le corail. Plutôt arrogants chez eux, les australiens font « la bouche en cœur » pour s’attirer les grâces des tahitiens qui leurs ouvrent la caverne d’Ali Baba. Une p’tite vague décharnée crachote et tousse. Pas de quoi s’enflammer ! Pas de vague pendant 5 jours. Quelques difficultés à récupérer du décalage horaire avec l’Australie et du changement de climat. Je transpire comme un gnou. Sensation d’être condamné au sauna à perpétuité entouré d’une cohorte de moustiques qui ont pris un forfait illimité pour nous sucer le sang.

Tuamotu. Paysage lunaire. Paul-césar - Samsung

Un gros paquebot pointe le bout de son nez pour ravitailler les autochtones en bière Hinano et déposer des touristes tout excités à l’idée de croiser requins, raies et dauphins. La seule boutique de l’Atoll frétille en attendant sa cargaison mensuelle. A peine remplis, les frigos sont mis à sac par les pêcheurs locaux. Mes yeux souffrent de la luminosité. Le sel colle à mes lentilles. Les yeux injectés de sang ne supportent plus la lumière, ni le mouvement de la pupille.

Pas d’autre choix que de fermer les hublots, tirer les rideaux et attendre le soir pour apprécier l’ondulation des vahinés. Au bout de trois sessions de surf, ma peau desséchée et irritée se met à hurler.

Repos avant le début de la compétition.

Farniente Tuamotu

Farniente. Samsung Galaxy Camera

Opposé à trois australiens pour ma première série, la meilleure zone de départ sur la vague est vraiment précise avec un périmètre délimité. Juste au dessus d’une faille facile à repérer. Je sais qu’il ne faut pas traîner pour prendre les deux vagues honorables (classement déterminé avec le total des deux meilleures vagues notées sur dix points) et éviter de me faire bloquer sur la fin de la série si je suis en position de 3ième ou 4ième (car seuls le 1ier et le 2ième passent au tour suivant). Les séries sont rares. Je néglige les vagues médiocres pour me concentrer sur les bonnes vagues. Mes adversaires, plus en rythme prennent de l’avance.

Ma première vague pointe sa truffe seulement au bout de 13 minutes (pour une durée totale de 20 minutes). Un Surf correct récompensé par un score de 7,5 points. Il me reste sept minutes pour reprendre une vague moyenne à 3 ou 4 points et me repositionner à la 1ière ou 2ième place. Comme des mouches, les australiens me bloquent et me tournent autour. Pas de deuxième vague. Out.

Revanche à Tahiti. 5ième place.

On prend les même et on recommence. La compétition se déroule sur une vague caillouteuse située à l’embouchure d’une rivière qui crache tout le sang de la montagne. Un lycée collé à trois coups de rame, le spot est très fréquenté. Pas besoin de traverser le lagon. La vague de Papara casse sur des galets noirs bien plus dodus que le reef aiguisé de Rangiroa !

Des vaguelettes pour régime « sucrette ».

Papara minimal - Samsung

Régime sucrettes dans vagues minimales. Papara. Samsung Galaxy Camera

Le frenchy de Volcom William Aliotti est de la partie. Avec son surf vif et acéré, William dégomme australiens et tahitiens les uns après les autres. Le « black horse » rayonne. Malgré une otite hyper douloureuse et les yeux d’un lapin russe, je passe également toutes mes séries en tête.

Au troisième tour, je suis notamment opposé à l’australien Soli Bailey (3ième du classement pro junior l’année dernière). Petites vagues de glace mignonettes. Je m’écarte des trois australiens sur la gauche. La trompe sonne. Une contre-droite déboule sur moi. 6,5 points dès les deux premières minutes. 5 min après je prends une note 7,17 sur une vague qui déroule en gauche. Soli Bailey s’inquiète, s’affole, s’emballe, rumine, fulmine. En tête, je me délecte de voir les australiens s’entredévorer comme des chiens morts pour la deuxième place. La star australienne sort par la petite porte.

Papara. Focus avant d'entrer en compétition. Paul-César - Samsung

Au quatrième tour, je suis opposé à deux australiens, dont Jack Duggan qui m’avait bloqué à Rangiroa et le tahitien Henrique Aritu. Je me fais oublier sur le coté tout en prenant deux bons scores. Les australiens s’excitent, se gênent et écopent d’une interférence (sanctionné d’un score en moins pour l’un et pour l’autre). Il reste deux minutes. Jack Duggan a besoin d’une vague à 5 points pour finir 2ième.

Plutôt gonflé, il me demande en français de lui laisser la vague sachant qu’il m’avait bloqué à Rangiroa. Il ne l’aura pas !!! Je termine 1ier de ma série et le tahitien 2ième. Au cinquième tour, je me heurte à l’australien Mitch Parkinson (le neveu de Joêl Parkinson, champion du monde 2013) qui se prend pour son oncle et qui m’avait déjà bloqué en Australie à Newcastle. Très bon dans les airs, moins bon sur le rail. Son meilleur score sans air de la compétition culmine à 5 points.

Début de la série. Je prends rapidement une longue vague qui déroule à ma droite notée 8 points. Mitch s’offre une vague à 5,5 points en apéritif. Pour l’ « happy hour », Mitch récupère la priorité et avale une longue vague qu’il sacrifie pour gagner en vitesse et réaliser au bord un très gros « air reverse » (manœuvre aérienne doublée d’une rotation) notée 8,5 points. Plus de vague pendant presque 10 minutes.

A 5 minutes de la cloche finale, une vague maigrelette se met à danser sous son nez. Pas un truc charnu, excitant… Mitch se jette sur cette petite craquette et double la mise par à joli « air reverse » noté 8 points. Il me faut donc un 8,51 pour passer premier. Il reste deux minutes et je garde la priorité. Une vague arrive dans les dernières secondes. Surfée du large jusqu’au bord en alignant 4 manœuvres de base, je savais que j’aurais un très bon score proche de 8,5. Je prends seulement 8,2 pts et la 5ième place. Les airs auront été plus appréciés par les juges que le surf sur le rail. Sans faute par contre pour le « Black Horse » William Aliotti qui remporte la finale devant le tahitien Enrique Aritu au grand dam d’australiens dépités.

Enfin un peu de temps pour rejoindre Joan Duru et Maud Lecar, qui se goinfrent à Teahupoo, la tête et les bras dans le pot de confiture. Une belle houle s’enroule sur le plateau corallien. La chasse est lancée. De solides sangliers se laissent empaler sans broncher.

Quelques téméraires marcassins se jettent joyeusement sous nos dérives… Une danse macabre et frénétique s’engage. La chasse est quelque chose de sérieux mais …« Le chasseur ne dit pas tout ce qu’il a vécu dans la brousse ». Dicton africain

 

Teahupoo en feu. Marcassins à la broche.

Marcassin à la broche - Teahupoo Chasse au Sanglier - Teahupoo

Paulc z’art

Paul-Cesar Distinguin

Pro surfer

"There was nowhere to go but everywhere, so just keep rolling under the stars" Jack Kerouac

 

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: Plage Nord - spot de la Gravière
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