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« Le bonheur est dans le pré… » Je répète « Le bonheur est dans le pré… ». Radio web Tahiti a publié la bonne nouvelle ce matin. Mon bac S « in the Pocket », vagues à l’horizon.

Depuis trois mois la partie n’a pas été facile. Rattraper mon retard dans les matières à fort coefficients, mathématique, physique/chimie et Sciences de la vie et de la terre après presque trois ans de ballade autour du monde à suivre les cours du CNED en pointillé.

Depuis trois mois, je m’y suis collé au minimum douze heures par jour. Heureusement que le Lycée de Taravao (au sud de Tahiti) a accepté que je puisse assister aux cours dans les matières scientifiques comme auditeur libre. Le premier mois à l’ouest. Le temps de m’habituer à être assis en classe, à écrire, à me faire des copains et des copines et à trouver mon rythme.

Au deuxième mois, les choses commençaient à se décanter. Je comprenais à peu près bien les cours et réussissait à faire quelques exercices simples. Je savais que la difficulté majeure viendrait de tous les chapitres que les professeurs avaient déjà traités et que je n’avais pas du tout vu.

Au troisième mois, tout s’est accéléré, le moteur s’est emballé. De toute évidence, il me fallait aller à l’essentiel et faire des impasses sur certains chapitres et certaines matières.

Au final, je n’ai pas vraiment été récompensé de mon travail dans ces trois disciplines. Les choses se sont mal goupillées et je crois que n’ai pas eu le temps de digérer tous les contenus. Il m’aurait fallu trois mois de plus pour éviter les frustrations et espérer obtenir la mention. Les sujets étaient difficiles et je suis tombé sur la plupart de mes impasses. Heureusement que je récupère un 12/20 en SVT au repêchage sur un sujet pas vraiment excitant. Je ne crois pas pour autant avoir fait une erreur de casting en choisissant de passer un bac S ; et je l’aurais repassé si je ne l’avais pas obtenu.

Je suis quand même content de quelques bonnes notes que je mets à l’actif de mon Road Surfing Trip. Tout d’abord le français (18/20). J’ai été le premier surpris d’autant que j’avais vraiment du mal à écrire. Je me sentais prisonnier de ma grammaire et limité par mon vocabulaire. Ecrire des billets pour le magazine de Surf « Beach Brother » et le journal Sud-Ouest m’a beaucoup apporté.

Ensuite, l’anglais (18/20). A 14 ans, je suis parti tout seul à Hawaii pour trois mois dans une famille adorable dont les enfants faisaient tous du surf. Enfin, l’espagnol (14/20). Voilà à peine 6 mois, je ne parlais pas un mot d’espagnol sauf pour commander des tapas lors des compétition pro juniors en Espagne. Deux mois au Nicaragua à prendre quelques cours entrecoupés de petites sessions de surf m’ont bien aidé pour baragouiner la langue des chorizos et de Cervantès.

Poursuivre un double projet (sport de haut niveau et études) est vraiment exigeant. Pas facile de créer un environnement favorable. Les ingrédients : des endroits stimulants, où il y a de bonnes vagues avec d’excellents surfeurs comme Tahiti, Hawaii, l’Australie ; des sponsors fidèles et attentifs ; des parents qui peuvent accompagner (thank you Dad et Mams) ; et également des amis toujours présents.

Depuis le début de notre Road Surfing Trip, j’ai eu le sentiment frustrant de ne pouvoir m’engager pleinement dans mes études et pleinement dans mon surf, avec le risque de me planter dans les deux domaines. Toujours ces contraintes de temps où il faut aller à l’essentiel.

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Aujourd’hui, je peux mettre les études entre parenthèses car je sais que je serai capable de les reprendre si j’en éprouve le désir. Pas d’inquiétude. Mon parcours m’a permis de beaucoup apprendre. Notamment à gérer le stress. Je n’ai jamais été angoissé par le bac. Un sommeil de plomb. D’abord parce que j’ai fait ce que j’ai pu et puis parce qu’il n’y a pas que cela dans la vie.

La peur, je connais. Teahupoo. Pipeline, Sunset…toutes ces vagues inhumaines qu’il s’agit d’affronter pour celui qui aspire à être un surfeur professionnel reconnu.

Hier et avant hier, j’ai passé douze heures cumulées à l’eau dans des vagues de 4 mètres à Teahupoo. La houle trop ouest rend le spot extrêmement dangereux. La plupart des vagues explosent directement sur le corail. Choisir ses vagues, ne pas se presser. Dès notre arrivée sur le spot, un bodyboardeur brésilien s’est fait étrillé (fracture du crane, œil blanc, fracture des jambes et du crane ????). Vision du haut de la dune.

Teahupoo, douze heures à l’eau entouré d’une quarantaine d’hawaiiens, brésiliens, australiens, et locaux, prêts en découdre pour avoir leur couverture dans les magazines de surf.

Douze heures dans l’eau pour seulement deux bonnes vagues. Pression, dépression…et sommeil de plomb.

A bientôt On The Road

Paul-césar à teahupoo - Tahilt"When you arrive on the top of the mountain, continue to climb". Paul-césar à teahupoo - Samsung

 

 

Paul-Cesar Distinguin

Pro surfer

"There was nowhere to go but everywhere, so just keep rolling under the stars" Jack Kerouac

 

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: Plage Nord - spot de la Gravière
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