paul cesar distinguinLa caravane des surfeurs pro vient juste de quitter nos vagues landaises pour participer aux trois prochaines chasses à courre prévues au Portugal, aux Etats-Unis puis à Hawaii avant la célébration du meilleur d’entre nous.

paul-césar surf air superman HossegorPaul-César surf air superman Hossegor

Depuis leur départ, les solides et jolies vagues semblent avoir déserté nos bancs de sable. Seulement une sensation. Les meilleurs surfeurs sont capables de transformer des vagues pourries en vagues sublimes. La perception relève de la comparaison. A leur contact, j’ai ce sentiment que mon surf perd en saveur, en vitesse, en amplitude, en hauteur. Rien de tel pour s’évaluer, aller dénicher d’autres espaces, proposer des trajectoires plus engagées, plus aériennes, plus habitées.

Venus de toute l’Europe, des milliers de surfeurs viennent chaque année à cette période de l’année squatter nos spots en espérant avoir le privilège de se retrouver à l’eau sur un spot discret en compagnie de leurs idoles ; histoire de partager quelques vagues et parfois quelques mots.

Je savoure l’automne à Hossegor. Mon père a posé ses valises au Centre d’Entraînement en Altitude de Font-Romeu, et rentre les week-ends pour de torrides « training session ».

Terminé l’école mais ce n’est pas vraiment les vacances. Beaucoup de choses à régler avant de me lancer début janvier sur le circuit pro australien. Il me faut profiter de ce temps de répit pour bien me préparer et m’organiser.

Font-Romeu test de VO2Pensées Polynésiennes à Font-Romeu. Samsung NX20

D’abord mes planches. Essentiel. Je me suis rapproché de Flanagan, excellent surfeur et shapeur australien installé à Anglet qui taille également des silex pour l’acrobate tahitien Mateia Hiquilly. Deux bonnes planches, pliées sur le gros swell du Quiksilver pro. J’aime bien également les planches « Cabianca » du shapeur de Gabriel Medina surtout adaptées à des

vagues à tremplin. Compliqué de trouver chaussure à son pied.

Le surf n’étant pas une science exacte, j’ai décidé de procéder par ajustements successifs en partant de planches relativement fines et étroites qui ne tolèrent pas les erreurs ; puis progressivement monter une de mes cotes d’1/16 de pouce (inch en anglais) , soit 1,58 mm. Lorsque je trouve la bonne planche, je joue ensuite au niveau du choix des dérives FCS en prenant surtout des bases assez larges pour tenir longtemps mes courbes (drive).

Ensuite ma condition physique. Chocolat. Pour l’instant, je ne pense pas avoir trop besoin de musculation, ni de renforcement musculaire spécifique. Lorsque je ne passe pas une

manœuvre ou je tombe, il s’agit essentiellement d’erreurs de trajectoire, de rythme ou d’erreurs techniques. Dans la mesure où je surfe plus qu’auparavant, mon corps a tendance à perdre en souplesse et mobilité. Important de porter l'attention sur les étirements et les assouplissements.

Préparer planches et dérives. Samsung NX20Préparer planches et dérives. Samsung NX20La longévité de Kelly Slater, Taylor Knox montre bien tout intérêt de préserver son capital par une nourriture, une hygiène et un mode de vie adaptés.

Mes principales préoccupations aujourd’hui restent d’ordre organisationnelles et financières. Le budget d’une campagne pro est important. Une quinzaine de planches par an (5 000 euros), de nombreux déplacements en avion (12 000 euros), les taxes de planche (4000 euros), la location de voitures ou de Campervan lors des déplacements à l’étranger (10000 euros), l’hébergement notamment dans les campings pour ma campagne australienne (3000 euros), les inscriptions aux compétitions pros (5000 euros) et puis la nourriture à raison de 20 euros par jour (7000 euros).

La douloureuse s’élève à : 46 000 euros par an pour les frais perso. A cette somme s’ajoute le cameraman à payer (déplacements + production) si je veux avoir des images pour renvoyer l’ascenseur aux sponsors. Budget : 20 000 euros. Donc là, je bloque.

Le surf business n’étant pas au mieux, les partenariats principaux des meilleurs surfeurs sont généralement maintenus voir augmentés. Ainsi il y a la tranche des surfeurs pros du top 32 dont les plus médiatisés se déplacent avec coach, préparateur mental, cuisiniers…ensuite la tranche des meilleurs français du top 100 qui arrivent à produire leurs propres images, payer leurs frais du circuit

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pro, et dégager des bénéfices comme professionnel du surf ; et puis la troisième tranche concerne ceux qui sont redescendus en troisième division comme Charly Martin, Vincent Duvignac qui ont perdu leurs sponsors du surfwear et les aspirants pros comme toto. En réalité, je suis uniquement professionnel du fait d’être adhérent à l’Association des Surfeurs Professionnels, car mes partenariats permettent seulement de financer mes frais à hauteur de 30%.

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Mais les choses pourraient changer rapidement. D’abord parce que j’ai signé un partenariat avec Samsung France, parce que les articles publiés sur le site web du quotidien Sud-ouest accueillent 3000 visites par parution et surtout parce que j’espère bien fracasser cette année. Ma prochaine campagne napoléonienne approche à grands pas.

D’abords Tahiti pour retrouver quelques douceurs, de bons amis et passer mes permis, puis en janvier au sud de l’Australie dans le Victoria pour mes premières compétitions. D’ici là, il me faut dénicher un combi minibus à fleurs pas trop cher pour tracer d’un spot à l’autre.

Aloha Paulc z’art

72Powerflower Spirit. Samsung NX20

Paul-Cesar Distinguin

Pro surfer

"There was nowhere to go but everywhere, so just keep rolling under the stars" Jack Kerouac

 

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