Paul-César surfe à HossegorPhoto : Andrew Christie Volcom

PC, peux tu te présenter ?

Bonjour, je suis Paul-César, j'ai tout juste 20 ans je me lance dans une carrière de surfeur pro. Je traverse les Océans pour dénicher les meilleurs vagues au monde, m'entrainer et participer aux compétitions.

Hawaï, Polynésie, Nicaragua, Australie, Bali, Mexique, El Salvador… tu as déjà pas mal voyagé malgré ton jeune âge, dis nous un peu de ce qui t'as poussé à bouger autant ?

En fait, j’ai toujours voyagé…Mes parents m’emmenaient partout et m’ont toujours fait confiance. A trois ans, quatre ans, j’étais déjà « relativement indépendant ».    A Bordeaux, je me partais souvent à l’aventure dans la rue avec ma petite voiture rouge en plastique, puis ensuite avec mon skate. J’aimais bien me perdre. Plusieurs fois, les flics m’ont récupéré, persuadés que j’avais été abandonné…

J’ai grandi dans une chambre d’un petit Hôtel que tient ma mère. Mes parents au rez-de-chaussée et moi, j’avais une chambre à l’étage des clients. Une chambre jamais fermée à clé. Mes voisins changeaient de visage tous les jours. Je crois que cela m’a aidé à comprendre le monde.

mamspcToto et mams devant un garage tatoué à Bordeaux

Bizarre !!! Oui, j’ai rencontré plein de gens bizarres, avec des vies incroyables. Des artistes, des amants, des pédés, des nécessiteux, des diplômés , des sans-grades, des gens ayant tout perdu du jour au lendemain…J’en ai vu des choses et entendu des histoires. J’ai même rencontré des gens qui décidaient de louer une chambre d’hôtel au mois, pour ne pas être attaché à un lieu et pouvoir partir à tout moment. Certains sont restés des années.

Et puis je passais mes étés à Hossegor. Mon père travaillait à l’époque à la fédé devant la plage nord et me laissait la journée à la plage. Un beach-boy de huit printemps. Je trainais tout le temps à l’Hossegor Surf Club, à me baigner, à surfer, à mater des films, à manger des glaces…toute la journée. Avec mon pote Pol Barets, on était les rois de l’île.

Polbaret-pcMotivator Pol-Barets et toto behindPCchichiChichi à la plage nord d'Hossegor Polbarets1Glace à la Nord Pol Barets Peyrelongue

La plage, la rue, l’hôtel, les aéroports, les voyages dans le monde… sont des lieux de passages où je me sens à l’aise. C’est sûrement pour cela que le voyage est ma nature.

Racontes nous tes plus belles rencontres lors de ces nombreuses destinations (vagues et humaines), les plus beaux souvenirs mais aussi les moments les plus difficiles (éloignement avec la France, anecdotes en milieu hostile etc...)

J'ai adoré chaque endroit. Tous différents.

Avant notre départ On The Road, on galérait un peu au niveau des thunes et on cherchait un endroit ou se poser du coté d’Hossegor. On a ainsi passé un hiver au fond des bois, au large de Messanges dans une petite cabane prêtée par les Lavignole ,et puis ensuite on a planté la tente pendant plus de trois mois au camping de Bathurt à coté de l’étang blanc à Soustons. Un endroit incroyable géré par les Lojou, une famille de surfeurs tip-top. C’était génial. Entre la tonte des moutons et les parties de surf dans la forêt, avec leur fils Emilien et Louis, on s’est régalé…

TontedumoutonaveaucampingaveclouislojouTonte du mouton avec Louis Lojou - Camping de Bathurt 2009

A Kauaï, les gars ont une vraie passion pour le surf. Personne n'est là à s'arracher le dernier short model untel en peau de Cobra… ou la dernière planche de Mick Fanning (comme en Australie). T'es là pour prendre tes vagues, respecter les locaux, surfer et c'est tout. J'ai d'ailleurs vu un« Papy Yogi » de 70 ans entrer en lévitation avant d’aller se faire démonter dans des vagues de plus de 3m50. Au large d’Hanalei.

SAM 406946Papy Yogi 70 ans à l'échauffement - Kawaii 2012

A Tahiti, c'est une notion de partage, les gens sont hyper chaleureux et très généreux dans leur façon de vivre. Tu dis bonjour à tout le monde à l'eau même si tu ne connais personne, tout est dans le tactile et la chaleur humaine. Mes meilleures sessions restent quand même à Tahiti, entre potes, dans des vagues huilées de 6 pieds, sous un bleu ciel aquarelle dans un silence de poisson.

Et j'ai bien galéré aussi. En mars 2013, je suis parti en Australie, les poches trouées à la compétition de Newcastle pour essayer de me qualifier dans les trials afin de rentrer dans le 6 stars. Bref, je me suis retrouvé à 17h du soir à pas savoir ou dormir, boardbag d’une tonne sur l'épaule, sous la pluie, à ne pas savoir où poser ma joue, ni comment me déplacer. Epuisé par manque de sommeil, en solo, dans un décor gris cimetière…Cela me rappelait les gens qui vivent dans la rue….Vraiment dur.

Que t'ont apporté ces voyages (côté surf et personnel), envie de repartir ?

En surf, ça m'a permis de me confronter aux meilleurs surfeurs mondiaux dans des vagues difficiles et parfois dangereuses. Surfer sur du sable, du corail et du reef, du gros, du plat, du creux, du carré, du petit… m'a ouvert les yeux. Le surf est un travail de composition où il s’agit de trouver le bon rythme et le bon enchaînement de manœuvres en fonction des vagues. Cela permet de vraiment faire évoluer sa technique. Au plan personnel, je suis très heureux d’avoir pu autant voyager, ça m'a permis d'avoir des visions différentes du surf et du monde.

Souvent, les gens me demandent : « Et si jamais tu te blesses ? » ; « Surfeur pro, ça ne dure qu’un temps ! » ; « Et si ça ne marche pas, qu’est ce que tu comptes faire après ? ». « Caminante no hay camino ! - Toi qui marches, il n’existe pas de chemin ! » (Antonio Machado) Je crois que j’ai appris le sens de l’observation, à porter un regard sur les choses…et puis le fait d’être libre, de faire ce que l’on veut exige une très grande discipline pour arriver à tes objectifs. La chose la plus difficile dans le circuit pro est la gestion du temps. Organisation, recherche de sponsoring, communication, déplacement, préparation, physique, mentale… et puis surtout le surf. Je n’arrive pas à tout faire.

Mon rêve serait de pouvoir me libérer de toute cela pour me centrer uniquement sur mon surf. Parfois, je suis dispersé, écartelé, ébouriffé, crucifié. J’espère que cela va s’arrêter et que je vais pouvoir me réunir. C’est beaucoup de travail.

IMG 327833

Un jour de surf parfait avec PC, ça ressemble à quoi ?

Un sourire en entrant dans l'eau et un grand sourire en sortant de l'eau. 6/ Quels sont tes projets comment vois tu l'avenir ? En bleu !!! Je ne m’inquiète pas du tout de mon futur, je fais seulement ma route. Le chemin m’importe plus que le résultat. Enfin,…J’espère bien pouvoir bientôt accrocher ma planche aux étoiles.

Un petit mot pour finir ?

Un jour, j’ai rencontré un surfeur qui passait sa vie à l’eau. Il n’avait qu’une tête et deux bras – quatre pieds et deux yeux – une oreille et trois dents – mais c’était un surfeur. Je le recherche…

Interview réalisé par David et publié sur le site de Ripitup 

 

Paul-Cesar Distinguin

Pro surfer

"There was nowhere to go but everywhere, so just keep rolling under the stars" Jack Kerouac

 

CONTACTS


: Plage Nord - spot de la Gravière
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