20130705 172437Acapulco. Vue sur le spot du Princess Hôtel. Samsung NX20

Sur une trentaine de kilomètre le long de l’océan Pacifique, Acapulco lascive offre ses plages de sable blond aux baigneurs et touristes écrasés par le soleil de plomb qui sévit à cette période de l’année. A la tombée de la nuit Mariachis, vendeurs ambulants, prostituées, dealers et voleurs à la tire s’activent pour gagner quelques pesos dans les quartiers chics bondés d’américains et de blondes en plastique.

Alignées sur le comptoir, Cuba libre, Margarita, Tequila Sunrise, … et autres potions à base de jus de cactus rient de toutes leurs couleurs. Les platines crépitent au rythme des DJ. Quelques jolies filles ondulent. Bienvenu à Acapulco ! Devenue une des villes les plus dangereuses au monde (2ieme avec 1170 homicides pour 818 853 habitants), elle pleure ses morts et son passé glamour. L’époque où les stars d’Hollywood dansaient dans les années 50 jusqu’au bout de la nuit au son du mambo et du cha-cha-cha est bien révolu. L’ancienne « perle du pacifique » est désormais au cœur de cartels de la drogue. Bienvenu à Acapulco

Arrivée 23h. Je zyeute le tapis roulant. Aucun signe de vie des bagages. Un taxi couinant au moindre dos d ‘âne nous amène au « Princess Hôtel » situé dans le récent quartier « Diamante » qui accueille une clientèle plutôt haut de gamme. Posé à même la plage « playa revolcadero » le Princess Hôtel rappelle les pyramides aztèques.

Entouré de deux golfs, d’une dizaine de tennis, de cinq piscines et d’un SPA, de restaurants et d’un petit centre commercial, l’Hôtel, propose plus de 1000 chambres à des prix raisonnables pour les surfeurs, juste le temps de la compétition . Ici on passe un séjour à Acapulco au Mexique sans sortir de l’Hôtel. Un peu comme la culture hors sol. Pas besoin de terre. Cela évite les problèmes des insectes et de la pourriture qui pourrait gâcher la récolte. 

20130705 180710Pyramide Aztèque - Samsung Galaxy

Le temple aztèque est plutôt bien gardé par des hommes en armes postés à chaque issue. Vue sur spot au 19ième étage.

 Des vagues croustillantes s’enroulent par salves successives sur les bancs de sable. Un coaching du haut de notre balcon serait parfait. Perchés à une hauteur inhabituelle le vide et le vertige me perturbent. Un nuage passe. Envie soudaine de prendre mon envol comme ces célèbres plongeurs de la morts d’Acapulco. Je résiste…

Un « king bed » se propose de me prendre dans ses bras dans la fraîcheur de notre immense chambre. Je tombe de sommeil. Mon estomac s’agite vers 8
heures du matin. P’tit dej à l’hôtel. Quesadillas, burritos, tacos et tortillas… et autres raffinements culinaires pour se caler les joues. Après trois assiettes, mon ventre s’est transformé en machine à Pop Corn. Quelques locaux à la crinière de lion pistent « las chiquitas » qui se pavanent sur la plage en gigotant les fesses comme des stars de guimauve et de strass. Un remix grinçant de Manu Chao chauffe « los muchachos ». Voilà trois jours que l’on attend nos fringues et nos planches. La compétition commence demain. Venu en avance pour surfer le spot de la compétition, je râle d’avoir dépensé autant d’argent pour rien.

20130705 180155Vladimir et Agatha - Samsung Galaxy

Je profite de ce temps libre pour engager la conversation avec Vladimir et Agatha, deux flamants roses d’humeur statique qui m’invitent à garder mon calme.

Enfin mes planches arrivent. Juste le temps de faire plus ample connaissance avec ce spot que j’observe depuis trois jours. Le sable extrêmement fin colle à la wax (paraffine antidérapante). De bonne heure, le plan d’eau est de glace. Quelques petits « tubitos » à croquer ; et parfois un mur glabre à trois manœuvres. Le vent onshore (de l’océan) vient casser la croute aux alentours de midi au changement de marée et offre alors d’énormes rampes de lancement pour réaliser des manœuvres aériennes. Un surf basé sur de longues trajectoires est trop aléatoire dans ces conditions clapoteuses « bumpy ».

IMG 0366Rampe de lancement

Dès le début de la série je prends du retard, deux brésiliens Matheus Navarro (champion du monde junior 2012 ) et Wesley Santos obtiennent rapidement chacun un score à 6,5 points. Je ne trouve ni mon rythme ni un surf adapté aux conditions. A dix secondes de la fin de ma série, je n’ai qu’une vague à 4 points dans la musette. Bizarrement, le brésilien Navarro ne me bloque pas pour m’empêcher de prendre une vague à 6 points, nécessaire pour passer second. Une vague qui déroule en gauche avec un mur très court arrive droit sur moi. Pas d’autres choix que de tenter un air en première manœuvre. Mon Slob Air Reverse (rotation dans l’air) sera récompensé d’un 6,5 points. Second. Un grand sourire. Job done !

Le lendemain les conditions ne s’améliorent pas vraiment. Vagues un peu plus propre mais la houle est en baisse. Dillon Perillo, vainqueur de la récente compétition 6 étoiles à Los cabos (en Basse Californie) est un adversaire redoutable. Il prend l’option de se placer sur une vague qui ferme (casse rapidement) pour réaliser sa manœuvre favorite « Air Reverse Frontside ». Trois tentatives, trois réussites scorées à chaque fois par une note de 5 points. De mon côté, je ne trouve aucune vague. Stressé par le temps qui défile, je néglige le choix de vague et démarre sur un peu sur n’importe quoi. Je voulais à la fois m’engager et assurer mes manœuvres. Une excellente stratégie pour me mélanger les pinceaux au niveau des trajectoires et perdre mon instinct !!!

Eliminé,je termine à la troisième place de ma série. De rouge mon sang passe au noir. Je n’ai rien vu du Mexique. Mon jardin d’Eden est un leurre. Je vous laisse. Je reprends la route du sud.

Je vous demande de m’excuser, j’ai rendez vous au Salvador sur une des plus belles vague du monde.

Paulc z’art

[1] Titre du film « Fun In Acapulco » tourné avec Elvis Presley

 

surfer mexicain en herbe. Surfeur Mexicain en herbe

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Paul-Cesar Distinguin

Pro surfer

"There was nowhere to go but everywhere, so just keep rolling under the stars" Jack Kerouac

 

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