Eau qui dort - Tsunami Paul-césar distinguin

Il est des sessions où l’océan est bien opaque et visqueux comme en Irlande, en Ecosse ou du coté de San Clemente en Californie. Pas vraiment de plaisir à trempouiller mes pieds par mer glacis et temps couvert. Sentiment qu’une grosse pieuvre, ou un poisson des profondeurs pourrait me gober tel un pauvre hareng.

Même sensation lorsque parfois de longues algues, viennent me caresser les pieds avant de me ligoter. Pas question d’aller jeter un oeil au fond de l’eau voir la tronche de la sirène qui m’appelle.

De récentes découvertes scientifiques me donnent raison.

« Les marins et les habitants des côtes connaissent déjà bien, pour leur malheur, les effets des vagues scélérates de plusieurs dizaines de mètres de haut ou les raz-de-marée dévastateurs. Il va maintenant falloir compter avec un autre phénomène encore plus violent, les « tsunamis internes », des déferlements impressionnants de plus de… 100 mètres d’amplitude, voire 170 mètres, comme dans le détroit de Luçon, à l’est de la Chine, entre Taïwan et les Philippines.

« L’endroit est également connu pour abriter beaucoup de tsunamis internes de grande amplitude. Du coup, l’activité de recherche y est également intense », indique Thierry Dauxois, directeur de recherche CNRS et responsable du laboratoire de physique de l’ENS Lyon et coauteur de cette étude parue en novembre 2013 dans Geophysical Research Letters.

Heureusement, ces événements géants ne causent aucun dégât, car ils se propagent à plus de 200 mètres de profondeur. Paradoxalement, en surface, cette agitation interne ne crée que des clapotis de quelques centimètres, voire même a tendance à lisser l’océan….

Dans les grandes lignes, l’origine de ces ondes internes est bien comprise. Plusieurs conditions sont nécessaires à leur apparition. 

D’abord, une source qui met en branle le fluide – les marées naturelles. 

Puis une perturbation créant une situation anormale. Ce sont les reliefs ou les remontées de fond, comme dans les détroits. Les marées ne sont pas les seules à générer des ondes géantes.

EauQuiDortfotolia0Tsunami des profondeurs

Dans d'autres situations, ces ondes solitaires peuvent même compliquer la navigation, voire causer des noyades. C'est le phénomène des eaux mortes, une situation dans laquelle, en l'absence de vents, de courants ou de toute autre perturbation, un bateau se met soudainement à ralentir. Cela peut venir d'une surface plus chaude à cause du soleil, ou d'un apport d'eau douce près d'une embouchure.

Leo Maas, de l'Institut royal néerlandais de recherche marine, relance le sujet en se demandant si des noyades mystérieuses ne pourraient être liées aux eaux mortes, comme il le rappelle dans un article, paru en novembre dans un compte rendu de congrès, Physics of Sport (Editions de l'Ecole polytechnique).

Ses premières expériences semblent confirmer qu'un nageur évoluant dans des eaux stratifiées ralentit. Ce qui expliquerait des épuisements puis des noyades. 
Le mécanisme est le même que celui qui freine un bateau. Au lieu de créer des vagues en surface, c'est la couche profonde qui se met à osciller. Si l'amplitude est grande, l'énergie passant dans l'onde est suffisante pour freiner le navire. … »

David Larousserie, Le mystère des Tsunamis sous-marins - le monde science et technique.

Mes inquiétudes sont donc bien fondées. Méfions nous de l’eau qui dort !!!

Paul-Cesar Distinguin

Pro surfer

"There was nowhere to go but everywhere, so just keep rolling under the stars" Jack Kerouac

 

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